mardi, mars 17, 2026
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Intégration régionale : un front uni pour une Afrique sans visas

Réunis en marge du 39e Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, dirigeants politiques, chefs d’entreprise et institutions financières ont relancé avec force l’appel à la libre circulation des personnes sur le continent. Au cœur des débats : faire de la mobilité un pilier opérationnel de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et accélérer l’intégration économique.

Organisé conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission de l’UA, le symposium de haut niveau sur « la promotion d’une Afrique sans visa pour la prospérité économique » a mis en lumière un constat partagé : malgré la baisse progressive des droits de douane dans le cadre de la ZLECAf, les régimes de visas restrictifs continuent de freiner le commerce des services, les flux d’investissements, le tourisme et la mobilité de la main-d’œuvre.

Pour Alex Mubiru, directeur général du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, l’exemption de visas, l’interopérabilité des systèmes numériques et l’intégration des marchés constituent des leviers concrets pour stimuler l’entrepreneuriat, l’innovation et les chaînes de valeur régionales. « Les éléments de preuve sont sans équivoque. L’analyse économique soutient l’ouverture des visas. La réalité humaine l’impose », a-t-il déclaré, appelant à dépasser les réformes graduelles au profit d’une transformation structurelle.

Même tonalité du côté d’Amma A. Twum-Amoah, Commissaire à la santé, aux affaires humanitaires et au développement social de la Commission de l’UA, qui a plaidé pour une mise en œuvre accélérée des cadres continentaux existants. L’ancienne présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, a rappelé que la libre circulation est au cœur de l’Agenda 2063 : « Si nous reconnaissons notre identité africaine, alors nous devons pouvoir circuler librement sur notre continent », a-t-elle insisté, exhortant les États à opérationnaliser le passeport africain et le Protocole sur la libre circulation des personnes.

La ministre ghanéenne du Commerce et de l’Industrie, Elizabeth Ofosu-Adjare, a partagé l გამოცდილérience du Ghana, pionnier en matière d’ouverture des visas aux ressortissants africains. Selon elle, l’augmentation des voyages d’affaires, du tourisme et de l’intérêt des investisseurs figure parmi les premiers dividendes tangibles de cette politique.

Les discussions se sont également appuyées sur les conclusions du dernier Indice d’ouverture sur les visas en Afrique, qui révèle que plus de la moitié des déplacements intra-africains exigent encore un visa préalable, un obstacle jugé majeur au commerce continental. Mesfin Bekele, directeur général d’Ethiopian Airlines, a plaidé pour la mise en œuvre complète du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), estimant que la connectivité aérienne et la libéralisation des visas doivent progresser de concert.

Des représentants régionaux, dont Elias Magosi, secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ont souligné l’importance de renforcer la confiance par une gestion efficace des frontières et des systèmes numériques de partage d’informations. Gabby Otchere Darko, président exécutif du Réseau pour la prospérité de l’Afrique, a appelé à soutenir la campagne « Make Africa Borderless Now », tandis que le militant du tourisme Ras Mubarak a plaidé pour davantage de ratifications du Protocole sur la libre circulation.

Les participants ont convenu que la concrétisation d’une Afrique sans visas exigera l’harmonisation des politiques migratoires, des systèmes d’identité numérique et des infrastructures frontalières, ainsi qu’un engagement politique constant. En guise de symbole, ils ont signé un « mur des passeports », marquant leur soutien à l’accélération des réformes.

Le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission de l’Union africaine ont réaffirmé leur volonté de travailler étroitement avec les États membres et les communautés économiques régionales pour faire de la mobilité une pierre angulaire de l’intégration, de la compétitivité et de la croissance durable du continent.

Nadia SAR

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