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Femmes défenseures des droits humains : À Dakar, institutions africaines et partenaires internationaux renforcent le bouclier de protection

La protection des femmes défenseures des droits humains en Afrique de l’Ouest a été au cœur d’une concertation institutionnelle afroféministe de haut niveau organisée le 16 juin 2026 à Dakar par le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD). La rencontre a réuni plusieurs acteurs clés du système africain des droits humains ainsi que des partenaires diplomatiques et de coopération engagés dans la défense des libertés fondamentales.

Parmi les personnalités présentes figuraient le professeur Remy Ngoy Lumbu, Rapporteur spécial de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) sur les défenseurs des droits humains et point focal sur les représailles en Afrique, l’ambassadrice de Suède au Sénégal, Catharina Cappellin, ainsi que des représentants de l’Allemagne, notamment Henriette Wolf de l’ambassade allemande à Dakar et Katja Roeckel, directrice pays de la GIZ Sénégal.

Placée sous le thème « Solidarité, Protection et Ligne d’Engagement », cette rencontre a mis en lumière la nécessité de renforcer les mécanismes de protection destinés aux femmes défenseures, particulièrement dans les contextes de gouvernance fragile ou de transition politique. Les participants ont souligné que le continent dispose déjà d’un arsenal normatif solide, fondé notamment sur le Protocole de Maputo et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le professeur Remy Ngoy Lumbu a rappelé que plusieurs résolutions adoptées par la CADHP, dont les résolutions 522 sur les droits numériques des femmes et 596 sur les femmes défenseures, offrent un cadre juridique conséquent. Toutefois, selon lui, le principal défi demeure la traduction effective de ces instruments continentaux en mesures concrètes de protection au niveau national.

Les échanges ont également porté sur les mécanismes disponibles au sein de la CEDEAO, de l’Architecture africaine de paix et de sécurité ainsi que du système africain des droits humains. Plusieurs intervenants ont insisté sur les écarts persistants entre les engagements pris par les États et leur mise en œuvre sur le terrain, en particulier pour les femmes engagées dans la défense des droits fondamentaux.

Pour Hannah Forster, forte de son expérience au sein du Centre africain pour la démocratie et les études des droits de l’homme, le défi majeur reste la transformation des normes continentales en garanties effectives pour les défenseures. Une analyse partagée par le professeur Mabassa Fall, qui estime que l’Afrique ne souffre pas d’un déficit d’instruments juridiques, mais plutôt d’un manque de mécanismes permettant à la société civile de convertir les décisions continentales en protections nationales.

Des participantes venues du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée et d’autres pays de la sous-région ont témoigné de la réduction progressive de l’espace civique dans plusieurs contextes ouest-africains. Elles ont salué cette plateforme de dialogue qui leur permet d’interagir directement avec les mécanismes continentaux et les partenaires internationaux.

Cette concertation s’inscrit dans le cadre du programme BRAVE du RFLD, qui défend une approche intégrée liant protection des femmes défenseures, autonomie corporelle, santé et droits sexuels et reproductifs, ainsi que mise en œuvre du Protocole de Maputo. À travers cette initiative, le réseau entend renforcer les solidarités et les mécanismes de protection au service des femmes engagées dans la promotion des droits humains sur le continent.

Nadia SAR

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