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Fiscalité en Afrique : chercheurs, décideurs et administrations réunis autour de la refonte des réponses aux défis

Le Forum de l’Administration Fiscale Africaine (ATAF), en partenariat avec l’Autorité du revenu du Rwanda (RRA), a lancé ce mardi 22 septembre 2026, le 11e Congrès annuel du Réseau africain de recherche fiscale (ATRN), au Centre des Congrès de Kigali. Placée sous le thème « Questions fiscales contemporaines en Afrique », cette rencontre de trois jours réunit chercheurs, administrateurs fiscaux, décideurs politiques, universitaires et partenaires du développement. Il s’agit pour ces cadres et experts de confronter leurs travaux aux mutations qui redessinent les systèmes fiscaux du continent.

L’objectif de l’édition 2026 du congrès annuel de l’ATRN est d’échanger sur les questions fiscales les plus pressantes du continent et d’examiner des solutions fondées sur la recherche, susceptibles d’éclairer les politiques fiscales et les réformes administratives. La rencontre de haut niveau intervient alors que les systèmes fiscaux africains doivent composer avec des transformations économiques, technologiques et sociales rapides. Les travaux portent notamment sur l’intelligence artificielle et la numérisation, les dépenses fiscales, le genre et la fiscalité, la fiscalité liée au climat, l’économie informelle, le moral fiscal et l’accès aux microdonnées. Les participants examineront également l’engagement de l’Afrique dans les négociations autour d’une Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale.

De la recherche de l’université à la réforme

Pendant trois jours, les travaux du Congrès proposeront des discours d’ouverture, des présentations de recherche, des tables rondes et des sessions de partage de connaissances. Ces différents formats doivent permettre aux chercheurs et aux praticiens d’échanger sur les données disponibles et d’examiner comment les résultats de la recherche peuvent être transformés en actions politiques et administratives efficaces.

Pour le responsable de la fiscalité et de l’amélioration des capacités de l’ATAF, Emeka Nwankwo, l’ATRN doit précisément renforcer ce passage de la preuve à la décision. « L’Afrique ne peut pas construire des systèmes fiscaux efficaces en ne s’appuyant que sur des preuves et des prescriptions politiques qui ne reflètent pas les réalités du continent. Grâce à l’ATRN, nous renforçons le lien entre chercheurs, décideurs et administrations fiscales afin que les preuves contextuelles puissent éclairer les solutions africaines. Le Congrès crée un espace important pour que la recherche dépasse la discussion académique et contribue directement aux réformes dont nos pays ont besoin », a-t-il déclaré.

Fiscalité en Afrique : chercheurs, décideurs et administrations réunis autour de la refonte des réponses aux défis

Créé en 2013, l’ATRN est devenu un réseau multidisciplinaire reliant chercheurs fiscaux africains, responsables et décideurs. Son Congrès annuel constitue une plateforme destinée à présenter les recherches émergentes, renforcer les capacités de recherche, favoriser la collaboration et élargir la contribution africaine aux débats fiscaux continentaux et internationaux.

Près de 190 recherches soumises

L’intérêt croissant suscité par le réseau se mesure notamment au nombre de travaux soumis pour cette édition. Près de 190 articles de recherche ont été proposés cette année, couvrant un large éventail de problématiques qui affectent les systèmes fiscaux africains.

Fiscalité en Afrique : chercheurs, décideurs et administrations réunis autour de la refonte des réponses aux défis

La présidente du conseil consultatif de l’ATRN, la professeure Annet Oguttu estime que cette progression traduit une demande croissante pour des recherches fiscales africaines à la fois crédibles et pertinentes pour les politiques publiques. « Ce qui a commencé comme une initiative visant à renforcer les liens entre les chercheurs africains et les administrations fiscales est devenu un réseau continental établi. Aujourd’hui à son onzième Congrès, l’ATRN attire une communauté de chercheurs plus large et un corpus de travaux de plus en plus diversifié sur les enjeux auxquels les systèmes fiscaux africains sont confrontés. Les près de 190 articles soumis pour le Congrès de cette année, soit une augmentation de quatre fois depuis 2022 et l’accréditation de l’African Multidisciplinary Tax Journal (AMTJ) dans Scopus, fournissent des preuves convaincantes de la croissance du réseau, de la profondeur croissante de la recherche fiscale africaine et de l’engagement des chercheurs à produire des preuves répondant aux priorités fiscales évolutives du continent », a indiqué la professeure Oguttu.

Au-delà de la présentation des travaux, le Congrès doit rapprocher ceux qui produisent les données et les analyses de ceux qui sont chargés de les traduire en décisions politiques et administratives. Il doit également permettre aux chercheurs émergents d’échanger avec des chercheurs établis et des praticiens fiscalistes, contribuant ainsi à la formation de la prochaine génération de chercheurs africains en fiscalité.

Kigali mise sur les preuves et l’innovation

Le Rwanda, hôte de cette 11e édition, entend également inscrire cette rencontre dans les enjeux auxquels sont confrontées les administrations fiscales. Le commissaire général de l’Autorité des recettes du Rwanda, Ronald Niwenshuti, a déclaré que son pays était honoré d’accueillir la communauté de recherche fiscale continentale. Il ajoute : « le Rwanda est honoré d’accueillir la communauté de recherche fiscale africaine à Kigali. Accueillir le Congrès ATRN nous offre l’opportunité de contribuer à un échange continental de connaissances tout en apprenant des expériences et des recherches d’autres pays. À une époque où les administrations fiscales doivent répondre à des changements économiques et technologiques rapides, une recherche crédible est essentielle pour concevoir des politiques et des systèmes efficaces, réactifs et adaptés à nos réalités nationales et continentales ».

Procédant à l’ouverture officielle des activités, Yusuf Murangwa, Ministre des Finances et de la Planification économique de la République du Rwanda a exprimé quelques attentes. « Nous avons besoin d’une mesure rigoureuse des dépenses fiscales … Nous avons besoin de preuves sur l’incidence de nos systèmes fiscaux, afin que la réforme ne tombe pas silencieusement sur ceux qui en sont les moins capables. Nous devons travailler sur la fiscalité de l’économie numérique et sur le traitement des multinationales qui reflète la réalité des marchés africains. Nous avons besoin d’une évaluation honnête de la manière dont les nouveaux outils, y compris l’intelligence artificielle, peuvent être utilisés de manière responsable dans l’administration fiscale, et où résident leurs risques. Et nous avons besoin de recherches qui nous parviennent sous une forme d’action, en temps voulu éclairer les décisions que nous prenons réellement », a-t-il déclaré.

À travers l’ATRN, l’ATAF et ses partenaires entendent ainsi consolider le lien entre recherche, politique et pratique, tout en renforçant la participation de l’Afrique à la définition de l’agenda fiscal du continent et aux discussions internationales sur la fiscalité.

Kigali, Félicienne HOUESSOU

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