La prise en compte des réalités économiques et sociales des femmes dans les systèmes fiscaux africains reste encore à un niveau faible, selon une nouvelle étude publiée par le Forum des administrations fiscales africaines (ATAF) à travers son Réseau des femmes fiscalistes (RFF). Intitulée « Réduire les inégalités entre les sexes dans les pays membres de l’ATAF : cadre de bonnes pratiques », cette recherche met en lumière les lacunes persistantes dans l’intégration de la dimension de genre au sein des politiques et administrations fiscales du continent.
L’étude révèle que 55 % des répondants estiment que des inégalités entre les sexes existent dans les systèmes fiscaux de leurs pays. Pourtant, seuls 29 % des États interrogés collectent des données fiscales ventilées par sexe, tandis que 81 % indiquent que leurs politiques fiscales ne sont pas intégrées aux mécanismes de budgétisation sensible au genre.
Pour Mary Baine, la compréhension des effets différenciés de la fiscalité sur les contribuables est essentielle à la mise en place de systèmes plus équitables. Elle souligne que, même lorsque les lois fiscales paraissent neutres, les écarts de revenus, d’emploi, de propriété d’entreprise, de responsabilités familiales non rémunérées ou encore d’accès aux actifs conduisent souvent les femmes et les hommes à supporter différemment la charge fiscale.
Afin d’aider les pays membres à relever ces défis, l’ATAF propose un cadre de bonnes pratiques articulé autour de cinq priorités : le renforcement des données et recherches désagrégées par sexe, la promotion de politiques fiscales sensibles au genre, le développement de la sensibilisation sur les liens entre fiscalité et égalité, l’amélioration de l’égalité des chances au sein des administrations fiscales et l’investissement dans des infrastructures favorisant l’inclusion.
De son côté, Nthabiseng Debeila insiste sur l’importance des données probantes pour orienter les réformes. Selon elle, les statistiques sexospécifiques et les analyses d’impact constituent des outils indispensables pour identifier les inégalités souvent invisibles et concevoir des politiques fiscales plus efficaces.
Basé sur des enquêtes réalisées auprès des pays membres de l’ATAF, des consultations avec différentes parties prenantes ainsi que sur des études de cas africaines et internationales, ce rapport se veut une feuille de route destinée aux gouvernements et aux administrations fiscales souhaitant bâtir des systèmes d’imposition plus inclusifs et mieux adaptés aux réalités économiques des femmes et des hommes.
Félicienne HOUESSOU
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