L’Africa-International Tourism and Economic Council (AITEC World) a organisé le jeudi 23 juillet 2026 au Benin Royal Hotel une conférence de presse internationale autour du thème : « Le tourisme comme catalyseur du développement économique mondial durable ». La rencontre a servi de rampe de lancement à deux rendez-vous internationaux majeurs qui doivent structurer l’agenda d’AITEC World en 2026.
AITEC World entend désormais positionner le tourisme non plus comme une simple activité de loisirs, mais comme un levier stratégique d’investissement, de commerce, d’emploi, de coopération internationale et d’intégration économique. C’est le message fort porté par son président, qui annonce le lancement mondial de l’organisation, prévu le 2 novembre au Hilton London, au Royaume-Uni, en marge du World Travel Market 2026, l’un des principaux événements mondiaux de l’industrie touristique. Après les étapes d’Abuja et d’Addis-Abeba, Londres constituera ainsi le troisième lancement mondial officiel d’AITEC World. L’enjeu est d’élargir le réseau de partenariats internationaux de l’organisation et de renforcer les passerelles entre l’Afrique et le reste du monde dans des secteurs où se jouent désormais des batailles économiques majeures.
Le second rendez-vous sera la deuxième édition de l’Africa Tourism Dialogue (ATD 2026), prévue du 12 au 14 novembre à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA/UNECA). Le programme prévoit le Dialogue le 12 novembre, suivi le 13 novembre de la présentation et de l’installation officielle de l’équipe mondiale d’AITEC World. La dernière journée sera consacrée aux visites institutionnelles, à une découverte touristique d’Addis-Abeba et aux Africa Tourism and Economic Awards & Gala Dinner. L’ATD 2026 constituera la composante officielle consacrée au tourisme d’Africa Celebrates 2026. Il réunira des ministres, des responsables d’offices nationaux du tourisme, des agences de développement, des investisseurs, des compagnies aériennes, des dirigeants de groupes hôteliers, des organisations internationales, des institutions financières, des médias et des universitaires.

Transformer le tourisme en machine à investissements
Pour AITEC World, l’objectif est désormais de passer du discours aux mécanismes concrets de transformation économique. L’organisation se présente comme une plateforme internationale reliant gouvernements, secteur privé, partenaires au développement et institutions internationales afin de mobiliser le potentiel touristique et économique du continent. Sa stratégie repose sur huit axes : développement du tourisme, promotion des investissements, facilitation du commerce, coopération économique, diplomatie culturelle, développement durable, intégration régionale, innovation et politiques publiques fondées sur les données. L’Africa Tourism Dialogue s’inscrit au cœur de cette architecture. Ce rendez-vous annuel, qui constitue la composante touristique officielle d’Africa Celebrates, doit permettre d’identifier des réponses opérationnelles aux principaux obstacles qui freinent encore l’industrie du voyage et du tourisme en Afrique.
Les discussions porteront notamment sur le développement durable, les opportunités d’investissement, la connectivité aérienne, la facilitation des visas, l’intégration régionale, le tourisme culturel, la préservation du patrimoine et la promotion des destinations. La transformation numérique, l’autonomisation des jeunes, le leadership féminin, les partenariats public-privé, l’économie bleue, l’action climatique et l’innovation figureront également parmi les priorités.

Le paradoxe africain : un marché immense, mais une mobilité encore coûteuse
Pour l’Ambassadeur Dine Bouraima, président d’AITEC World, le continent dispose pourtant de tous les ingrédients pour faire du tourisme un puissant accélérateur de croissance. « Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’Afrique dispose désormais du plus grand espace de libre-échange au monde en nombre de pays participants, représentant plus de 1,3 milliard de consommateurs. En 2025, le monde a enregistré plus de 1,52 milliard d’arrivées touristiques internationales. L’Afrique a accueilli près de 100 millions de visiteurs internationaux », a-t-il rappelé. Le secteur africain du tourisme et des voyages devrait, selon les projections citées par le Président d’AITEC World, générer 241 milliards de dollars en 2026 et soutenir plus de 31 millions d’emplois. Mais cette puissance économique potentielle reste freinée par un obstacle majeur : la mobilité.
« Nous continuons à rendre les déplacements difficiles. Nous continuons à rendre les billets d’avion parmi les plus chers du monde. Nous continuons à exiger des visas à nos propres frères et sœurs africains », a dénoncé Dine Bouraima. Le constat est également économique. Pour le président d’AITEC World, il est difficile de parler d’intégration lorsque voyager entre deux pays africains peut coûter plus cher et s’avérer plus complexe qu’un déplacement vers un autre continent. Or, sans mobilité, estime-t-il, « il ne peut y avoir ni commerce dynamique, ni investissements durables, ni véritable intégration ».
AITEC World salue ainsi la décision historique de la CEDEAO visant à réduire le coût du transport aérien et appelle les autres États membres à suivre rapidement l’exemple de la Côte d’Ivoire, premier pays de l’organisation à avoir commencé à mettre en œuvre cette mesure. L’ambition affichée est de construire une Afrique où les billets d’avion sont plus accessibles et où les citoyens peuvent circuler plus librement. Une trajectoire qui s’inscrit, selon l’organisation, dans la vision de l’Union africaine, l’Agenda 2063, le projet de Passeport unique africain, le Protocole sur la libre circulation des personnes et la ZLECAf.
L’ambition affichée par le président d’AITEC World est de voir au moins 27 pays africains appliquer effectivement, d’ici 2031, une politique d’exemption de visa pour l’ensemble des citoyens africains. « Lorsque les Africains circulent librement, les investissements augmentent, le commerce se développe, le tourisme progresse, les entreprises prospèrent, les emplois se créent et notre continent devient plus fort », a insisté Dine Bouraima.

D’Abuja à Londres, une plateforme pour connecter les capitaux
L’autre temps fort de la conférence a été la signature d’un protocole d’accord entre AITEC World et GOTA Voyage. À travers ce partenariat, l’agence devient le partenaire officiel chargé d’assurer, dans des conditions optimales de sécurité et d’organisation, le transport des participants en provenance d’Afrique et d’autres régions du monde vers Londres et Addis-Abeba, à l’occasion de ces deux grands rendez-vous internationaux. Prenant la parole, la Directrice générale de GOTA Voyages, Olanma Ojukwu, coordonnatrice d’AITEC Bénin a présenté les différentes opportunités offertes par ces déplacements à vocation professionnelle et institutionnelle. Elle a détaillé les différents packages disponibles, les modalités d’inscription et les conditions d’accès aux voyages. Ainsi, les inscriptions aux événements restent ouvertes jusqu’à la fin du mois d’août, tandis que les participants devront solder leur participation au plus tard à la fin du mois d’octobre.
Pour Olanma Ojukwu, au-delà des cérémonies, l’enjeu est de bâtir des plateformes d’affaires capables de connecter les acteurs économiques africains aux réseaux internationaux. AITEC World entend ainsi offrir aux entreprises, aux investisseurs et aux professionnels du tourisme des opportunités concrètes de partenariat, de réseautage et de développement. Les participants aux prochaines rencontres pourront ainsi renforcer leurs relations avec les principaux acteurs du commerce, de l’investissement et du tourisme, avec l’objectif de faire émerger de nouvelles opportunités de coopération, d’innovation et de croissance internationale.

À Londres comme à Addis-Abeba, AITEC World entend donc défendre une même équation économique : le tourisme doit devenir la porte d’entrée des investissements, du commerce et de la coopération. Pour l’organisation, la bataille ne se joue plus seulement sur le nombre de visiteurs accueillis, mais sur la capacité du continent à transformer les flux touristiques en capitaux, en emplois, en échanges commerciaux et en chaînes de valeur régionales. C’est sur cette ambition que l’organisation veut désormais inscrire son agenda international.
Félicienne HOUESSOU
Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com



