La Loterie Nationale du Bénin (LNB) s’apprête à distribuer 3,283 milliards de francs CFA à ses actionnaires au titre de l’exercice 2025, offrant un retour sur investissement aux investisseurs malgré une forte contraction de son bénéfice net. Cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) depuis décembre 2024, la société procédera au paiement de son dividende annuel net le 3 août 2026.
Avec 20 millions d’actions composant son capital, la LNB versera un dividende net de 164,1709 francs CFA par action. La date de fermeture des registres étant fixée au 3 août, le titre cotera ex-dividende à compter du vendredi 31 juillet. Les investisseurs souhaitant bénéficier de la distribution devront donc acquérir les actions au plus tard le jeudi 30 juillet. Au-delà de cette date, les ordres de bourse encore en attente dans le système de négociation seront annulés par la BRVM.
Cette rémunération intervient toutefois dans un contexte financier moins favorable. Au 31 décembre 2025, le résultat net de la LNB a chuté de 36 %, à 4,62 milliards de francs CFA, contre 7,17 milliards un an plus tôt. Le chiffre d’affaires a également reculé de 4 %, à 99 milliards de francs CFA, contre 103 milliards en 2024.
La direction de la société attribue cette contre-performance à la montée en puissance des opérateurs illégaux, qui proposent des gains plus attractifs et détournent une partie de la clientèle. La multiplication des machines à sous clandestines, installées massivement sur le territoire national, accentue également la pression sur les activités de la LNB, en offrant aux parieurs des niveaux de rémunération jugés plus élevés.
Malgré ce recul du chiffre d’affaires et du résultat net, plusieurs indicateurs opérationnels témoignent d’une amélioration de la performance interne. Les autres achats ont diminué à 77,20 milliards de francs CFA en 2025, contre 80,36 milliards en 2024. Les dépenses de transport ont également baissé, à 20 millions de francs CFA contre 22,05 millions un an auparavant.
À l’inverse, les services extérieurs ont progressé à 14 milliards de francs CFA, contre 13,04 milliards en 2024. La société a parallèlement fortement réduit ses autres charges, qui sont tombées à 8,816 millions de francs CFA, contre 840,384 millions un an plus tôt.
Cette discipline sur certains postes de dépenses a contribué à soutenir la création de valeur. La valeur ajoutée a augmenté de 22 %, atteignant 11 milliards de francs CFA, contre 9 milliards en 2024. Les charges de personnel ont, pour leur part, progressé de 3 %, à 3,383 milliards de francs CFA.
L’excédent brut d’exploitation (EBE) affiche une progression encore plus marquée, de 34 %, à 7,16 milliards de francs CFA contre 5,36 milliards un an auparavant. Le résultat d’exploitation a également bondi de 40 %, à 6,37 milliards de francs CFA, contre 4,55 milliards en 2024.
Le résultat financier constitue toutefois un point de faiblesse, avec un recul de 13 %, à 536 millions de francs CFA, contre 613 millions en 2024. Le résultat des activités ordinaires s’est néanmoins apprécié de 34 %, atteignant 7 milliards de francs CFA, contre 5,17 milliards l’année précédente.
La LNB se retrouve ainsi face à un paradoxe financier : ses bénéfices nets se contractent sous la pression de la concurrence illégale, mais ses principaux indicateurs opérationnels s’améliorent grâce à une meilleure maîtrise des charges. La distribution de 3,283 milliards de francs CFA constitue un signal favorable pour les actionnaires, mais la capacité de l’entreprise à préserver durablement ses marges dépendra désormais de sa faculté à reprendre des parts de marché face aux opérateurs clandestins et à protéger ses revenus dans un secteur en pleine mutation.
Dossou AFFAMA
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