La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a officiellement intégré le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), une avancée majeure pour l’intégration financière du continent qui devrait accélérer les paiements transfrontaliers en monnaies locales et réduire la dépendance aux devises internationales. L’annonce a été faite jeudi 9 juillet au Caire.
Cette adhésion constitue une étape stratégique pour le déploiement du PAPSS en Afrique francophone. Banque centrale des six pays de la CEMAC – Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad – la BEAC ouvre au réseau un marché de plus de 72 millions d’habitants et renforce les échanges entre l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.
Avec cette intégration, le PAPSS couvre désormais 28 pays africains, reliant plus de 190 banques commerciales et fintechs à travers 16 plateformes d’échange, tout en donnant accès, via ses partenaires, à plus de 250 autres institutions financières. Le système poursuit ainsi sa montée en puissance en vue de devenir l’infrastructure de paiement de référence de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pour les économies de la CEMAC, l’enjeu est avant tout financier. Le PAPSS permet d’effectuer des paiements transfrontaliers instantanés en monnaies africaines, limitant le recours au dollar ou à l’euro comme devises de compensation. Cette architecture réduit les coûts de transaction, raccourcit les délais de règlement, améliore la liquidité des entreprises et diminue les risques liés aux fluctuations des monnaies étrangères.
« En rejoignant le PAPSS, la BEAC crée les conditions nécessaires à des paiements transfrontaliers plus rapides, plus abordables et plus efficaces entre les pays de la CEMAC et le reste de l’Afrique », a déclaré le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, appelant les banques commerciales et les institutions financières de la sous-région à préparer leur intégration à la plateforme.
Le directeur général du PAPSS, Mike Ogbalu III, a estimé que cette adhésion ouvre « de nouveaux corridors commerciaux et de paiement » entre l’Afrique centrale et le reste du continent, tout en renforçant les échanges intra-africains et l’activité économique.
Développé par Afreximbank en partenariat avec l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf, le PAPSS ambitionne de transformer l’infrastructure financière africaine en permettant le règlement des transactions directement sur le continent, sans passer par des banques correspondantes situées hors d’Afrique.
Pour les banques et les fintechs, cette évolution ouvre la voie à une expansion régionale de leurs services. Pour les entreprises, elle promet une réduction des coûts opérationnels et une meilleure fluidité des échanges commerciaux. Quant aux particuliers, ils devraient bénéficier de transferts d’argent plus rapides et moins coûteux.
La BEAC et le PAPSS travailleront désormais à l’intégration progressive des établissements financiers de la CEMAC. Cette phase d’opérationnalisation, prévue jusqu’à la fin de 2026, doit permettre le déploiement complet de la plateforme dans la sous-région, tandis qu’un projet pilote avec la BCEAO est attendu plus tard cette année, rapprochant un peu plus l’objectif d’un réseau africain unifié des paiements.
Nadia SAR
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