mercredi, février 18, 2026
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Transport : L’Éthiopie lance un nouvel aéroport international

L’Éthiopie a officiellement donné, samedi, le coup d’envoi de la construction d’un nouvel aéroport international à Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba. Porté par l’ambition de faire du pays un acteur central du transport aérien mondial, le projet a été lancé par le Premier ministre Abiy Ahmed, qui le présente comme une future plateforme de référence en Afrique et au-delà.

D’un coût estimé à 12,7 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros), l’infrastructure doit, à l’issue de sa première phase, accueillir 60 millions de passagers par an, avant de monter en puissance pour atteindre 110 millions de voyageurs annuels. À terme, cette capacité dépasserait celle de l’aéroport d’Atlanta, actuellement le plus fréquenté au monde. Les travaux, dont la durée est évaluée à cinq ans, marquent une étape majeure dans la stratégie de modernisation des infrastructures du pays.

Le futur aéroport de Bishoftu est appelé à remplacer l’aéroport international de Bole pour les liaisons internationales. Situé au cœur de la capitale, ce dernier est aujourd’hui limité à environ 25 millions de passagers par an, un plafond jugé incompatible avec la croissance rapide du trafic aérien éthiopien. Le nouveau site deviendra ainsi le principal hub international du pays.

Au cœur du projet figure Ethiopian Airlines, la compagnie nationale entièrement publique, qui participe à son financement. Première compagnie aérienne d’Afrique en termes de flotte et de nombre de passagers, Ethiopian Airlines fait figure d’exception sur le continent par sa rentabilité et son modèle intégré. Pour Abiy Ahmed, ce projet « placera l’Éthiopie parmi les principaux hubs aériens mondiaux », renforçant le rôle stratégique de la compagnie comme moteur du développement.

Au-delà de l’aéroport, le projet de Bishoftu intègre un vaste volet d’infrastructures connexes. Il prévoit notamment la construction d’une autoroute moderne à plusieurs voies reliant le site à Addis-Abeba, ainsi qu’une ligne ferroviaire à grande vitesse de 38 kilomètres, capable d’atteindre des vitesses comprises entre 120 et 200 km/h, afin d’assurer une connectivité rapide et fluide avec la capitale.

Sur le plan financier, le projet bénéficie déjà d’un engagement de 500 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD). Les autorités éthiopiennes sont également en discussions avancées avec plusieurs bailleurs internationaux, dont la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), la Banque européenne d’investissement (BEI) et la DFC, l’agence américaine de financement du développement international.

Ce pari sur l’aviation civile s’inscrit dans une stratégie plus large visant à attirer les touristes et les investisseurs étrangers, malgré un contexte sécuritaire encore fragile. Des conflits armés persistent en Oromia, où se situe Bishoftu, et en Amhara, deux des régions les plus peuplées du pays, ce qui constitue un défi majeur pour la stabilité et l’image internationale de l’Éthiopie.

S’étendant sur environ 35 km², le projet a déjà entraîné d’importantes répercussions locales. Environ 2 500 fermiers ont été déplacés et relogés en 2025, pour un coût estimé à 350 millions de dollars, selon le directeur général d’Ethiopian Airlines, Mesfin Tasew Bekele. Un volet social sensible, qui illustre l’ampleur et la complexité de ce chantier hors normes, appelé à redessiner durablement le paysage aérien africain.

Elom LOKONON

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