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Évasion fiscale en Afrique : 88 milliards $ s’évaporent chaque année

L’évasion fiscale sur le continent africain atteint aujourd’hui près de 88 milliards de dollars, soit plus de 50 000 milliards de FCFA, alimentée en grande partie par des flux financiers illicites. Un manque à gagner colossal qui fragilise durablement les économies africaines et compromet le financement des politiques publiques.

L’alerte a été lancée à Dakar, lors du lancement d’un programme de sensibilisation des journalistes sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), organisé par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest.

« À l’heure actuelle, on estime à près de 88 milliards de dollars, soit plus de 50 000 milliards de FCFA, l’évasion fiscale en Afrique », a déclaré Timothy Melaye, responsable du Centre d’information du GIABA, lors de cette rencontre. Ces flux financiers illicites représentent bien plus qu’un simple déséquilibre comptable. Ils constituent un frein majeur au développement du continent. Les sommes détournées échappent aux circuits officiels et privent les États de ressources essentielles.

Pour les experts, l’enjeu dépasse largement la seule question fiscale. Il s’agit d’un problème structurel qui affaiblit la capacité des États à investir, à réduire les inégalités et à soutenir la croissance. Face à l’ampleur du phénomène, les spécialistes insistent sur la nécessité d’une mobilisation collective. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne peut plus reposer uniquement sur les institutions spécialisées.

« La lutte contre le blanchiment de capitaux ne peut être pleinement efficace si elle demeure l’affaire exclusive des services d’enquête, des autorités judiciaires ou des structures de contrôle », a souligné Alioune Niokhor Diouf, magistrat et directeur des affaires juridiques de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).

Selon lui, cette bataille nécessite une implication durable de l’ensemble des acteurs, publics comme privés, dans une approche coordonnée et proactive.

Félicienne HOUESSOU

Avez-vous des informations à transmettre aux journalistes d’Africa3i ? Envoyez-nous un e-mail à africa3info@gmail.com

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