Selon les données 2025 issues des technologies de détection de Kaspersky, les logiciels espions ont progressé de 40 % entre 2024 et 2025 sur le continent, tandis que les voleurs d’informations, appelés infostealers, enregistrent une hausse de 32 %. Une évolution qui marque un tournant stratégique : les cybercriminels privilégient désormais des attaques discrètes, conçues pour collecter des données sensibles et s’installer durablement dans les systèmes.
Ces tendances ont été dévoilées lors du KNext Abidjan 2026, un rendez-vous majeur dédié à la cybersécurité en Afrique. L’événement a réuni à Abidjan des experts du numérique, des décideurs publics et privés, ainsi que des acteurs technologiques, dans l’objectif de mieux comprendre les mutations du paysage cyber et d’y apporter des réponses adaptées.
Les analyses présentées confirment une transformation profonde des modes opératoires. Les cyberattaques ne visent plus prioritairement à perturber les systèmes de manière visible, mais à exploiter des failles techniques et des identifiants compromis pour s’introduire silencieusement dans les environnements numériques.
Dans la majorité des cas, les attaquants utilisent des vulnérabilités non corrigées ou des accès déjà existants. Cette approche leur permet de déployer des outils discrets capables de surveiller les activités, de collecter des informations sensibles et de maintenir leur présence sans déclencher d’alerte immédiate.
Les données récentes illustrent cette tendance. Au début de l’année 2025, les backdoors — ces accès dérobés permettant de revenir dans un système — ont augmenté de 29 %. Un indicateur révélateur de la volonté des cybercriminels de s’inscrire dans la durée.
« La progression des logiciels espions et des voleurs d’informations en Afrique reflète une évolution des méthodes d’attaque, qui reposent de plus en plus sur l’exploitation des accès existants », explique Tim de Groot. « Les vulnérabilités techniques et les identifiants compromis restent aujourd’hui les principaux points d’entrée dans les systèmes. Cela permet aux attaquants de s’installer dans la durée, sans nécessairement être détectés immédiatement. Pour les organisations, l’enjeu est donc de mieux sécuriser les accès et de renforcer leur capacité à détecter des activités anormales. »
À travers le KNext Abidjan 2026, Kaspersky met en lumière une réalité incontournable : la cybersécurité en Afrique doit évoluer au même rythme que les menaces. L’entreprise insiste sur la nécessité d’adapter les stratégies en mettant l’accent sur la prévention, la gestion des accès et la détection précoce des intrusions.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large d’accompagner les organisations africaines dans la compréhension et la gestion des cyberrisques, à un moment où la transformation numérique du continent s’accélère.
Dans un environnement où les attaques deviennent de plus en plus invisibles, la vigilance ne suffit plus. Pour les entreprises comme pour les institutions, la cybersécurité s’impose désormais comme un pilier stratégique, indispensable à la protection des données, des activités et de la confiance numérique.
Elom LOKONON
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