Les États-Unis ont reconduit, le 3 février 2026, l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), mais pour une durée limitée à un an seulement, confirmant le caractère transitoire de cette décision. Le programme permet actuellement à près de 30 pays africains d’exporter vers le marché américain plusieurs milliers de produits en franchise de droits de douane, offrant un accès préférentiel crucial aux économies du continent.
Cette reconduction de courte durée reflète les débats en cours à Washington sur l’avenir de l’AGOA. Longtemps considéré comme un pilier des relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique, le dispositif est désormais évalué à l’aune de ses retombées directes pour l’économie américaine. Plusieurs responsables politiques estiment que le programme doit davantage favoriser les investissements américains, la création d’emplois aux États-Unis et une meilleure intégration des entreprises américaines dans les chaînes de valeur liées au continent africain.
À l’inverse, d’autres défendent l’AGOA comme un instrument stratégique de partenariat à long terme, essentiel à la diversification des économies africaines et au maintien de l’influence américaine face à une concurrence internationale de plus en plus intense. Le débat reste ainsi ouvert entre ceux qui prônent une adaptation du programme et ceux qui y voient un mécanisme temporaire, appelé à évoluer vers des accords commerciaux plus ciblés et davantage conditionnés aux intérêts économiques américains.
Depuis son adoption en 2000, la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) occupe une place centrale dans la politique économique et commerciale des États-Unis à l’égard de l’Afrique subsaharienne. Elle accorde aux pays éligibles un accès en franchise de droits au marché américain pour plus de 1 800 produits, en complément des quelque 5 000 produits déjà exemptés de droits de douane dans le cadre du Système généralisé de préférences (SGP).
Pour bénéficier de l’AGOA, les pays doivent satisfaire à des critères d’admissibilité stricts, incluant des progrès vers une économie de marché, le respect de l’État de droit, du pluralisme politique et des droits humains, ainsi que la suppression des obstacles au commerce et aux investissements américains. Ils doivent également mettre en œuvre des politiques de réduction de la pauvreté et de lutte contre la corruption.
En offrant de nouvelles opportunités de marché, l’AGOA a contribué à stimuler la croissance économique, à encourager des réformes économiques et politiques et à renforcer les relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique. En 2024, 32 pays étaient admissibles aux avantages du programme. En 2015, le Congrès américain avait adopté une loi modernisant et prolongeant l’AGOA jusqu’en 2025, laissant aujourd’hui planer l’incertitude sur son évolution à moyen et long terme.
Félicienne HOUESSOU
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