Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a approuvé un don de 9,45 millions de dollars en soutien à un projet régional piloté par le Groupe de la Banque africaine de développement, visant à renforcer la résilience climatique, la protection des écosystèmes et la gouvernance coopérative de l’eau dans le bassin du fleuve Zambèze. Ce système d’eau douce partagé, l’un des plus stratégiques d’Afrique, constitue un pilier essentiel pour l’énergie, l’agriculture et les moyens de subsistance de millions de personnes en Afrique australe.
S’étendant sur huit pays — Angola, Botswana, Malawi, Mozambique, Namibie, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe — le bassin du Zambèze soutient plus de 51 millions d’habitants grâce à l’hydroélectricité, l’agriculture irriguée, la pêche et des écosystèmes de valeur mondiale, tels que la plaine inondable de Barotse et le delta du Zambèze. Toutefois, la région fait face à une pression croissante liée à la variabilité climatique, à la déforestation, à la pollution et à une gouvernance fragmentée. Le débit annuel moyen du fleuve a ainsi reculé de près de 20 % au cours des vingt dernières années, tandis que sécheresses et inondations récurrentes fragilisent la sécurité énergétique et alimentaire.
Le projet financé par le FEM vise à renforcer les capacités de la Commission du cours d’eau du Zambèze (ZAMCOM) et des États riverains pour mettre en œuvre une approche intégrée du Nexus eau-énergie-alimentation-environnement (EEAE). Cette démarche s’inscrit dans le plan stratégique de la ZAMCOM et dans le protocole de la SADC sur les cours d’eau partagés. Les actions prévues incluent l’harmonisation des cadres d’évaluation environnementale et sociale, le renforcement de la coordination à l’échelle du bassin et le déploiement d’outils d’aide à la décision intégrant les risques climatiques, notamment le système d’information sur l’eau du Zambèze (ZAMWIS).
Afin de mieux gérer la variabilité hydrologique, le projet expérimentera des règles adaptatives d’exploitation des barrages et des débits environnementaux, permettant de concilier production hydroélectrique, réduction des risques d’inondation et préservation des écosystèmes. Des mécanismes de financement innovants, tels que les paiements pour services écosystémiques et les redevances d’utilisation, seront également introduits pour assurer la durabilité financière de la gestion de l’eau et des écosystèmes.
Pour Gareth Phillips, chef de la Division du financement du climat et de l’environnement à la Banque africaine de développement, cette initiative illustre l’importance de l’action collective : « En travaillant ensemble, les États riverains du Zambèze renforcent une gestion résiliente au climat du bassin fluvial afin de protéger les écosystèmes et de garantir l’accès à l’eau, à l’énergie et à la nourriture pour des millions de personnes en Afrique australe. »
Le projet accordera une place centrale aux femmes, aux jeunes et aux communautés locales, qui seront impliqués dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des actions. Le partage des connaissances sera également un pilier clé, avec la diffusion des enseignements via le ZAMWIS et des échanges régionaux entre pairs. Le don du FEM devrait par ailleurs catalyser plus de 140 millions de dollars de cofinancement provenant des gouvernements bénéficiaires, de la Banque africaine de développement et de plusieurs partenaires internationaux, renforçant ainsi l’impact à long terme de cette initiative régionale.
Dossou AFFAMA
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