Face à la multiplication des crises humanitaires et au recul marqué des financements internationaux, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un appel mondial urgent pour l’année 2026 afin de préserver l’accès aux soins de santé pour des millions de personnes en situation de vulnérabilité. Dans un communiqué publié le 3 février 2026, l’agence onusienne indique viser la mobilisation d’environ un milliard de dollars afin d’assurer des services de santé essentiels dans les zones les plus touchées par les conflits, les catastrophes et les déplacements forcés.
Cet appel concerne 36 situations d’urgence à travers le monde, dont 14 classées au niveau 3, le degré d’alerte le plus élevé de l’OMS. Les besoins sont d’autant plus pressants que, l’année précédente, l’organisation et ses partenaires n’ont pu atteindre qu’un tiers des 81 millions de personnes initialement ciblées par l’aide sanitaire humanitaire, en raison d’un financement tombé à des niveaux inférieurs à ceux observés en 2016.
Malgré ces contraintes budgétaires, les ressources mobilisées en 2025 ont permis de fournir une assistance vitale à près de 30 millions de personnes. L’OMS a ainsi assuré 53 millions de consultations médicales, vacciné 5,3 millions d’enfants, soutenu plus de 8 000 établissements de santé et déployé 1 370 dispensaires mobiles dans des zones difficiles d’accès.
Pour 2026, l’organisation concentre ses priorités sur des pays et territoires fortement affectés, notamment l’Afghanistan, Haïti, la Syrie, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Soudan, le Yémen, l’Ukraine et le territoire palestinien occupé. La lutte contre des épidémies persistantes de choléra et de mpox figure également au cœur de la réponse sanitaire. « Il s’agit d’un investissement stratégique en faveur de la santé et de la sécurité mondiales, et non d’un acte de charité », a souligné le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelant à une solidarité internationale renforcée.
Lors de l’événement de lancement des objectifs 2026, la coprésidente Mme Marita Sørheim-Rensvik, représentante permanente adjointe de la Norvège auprès de l’Office des Nations unies à Genève, a rappelé que « l’OMS reste indispensable pour protéger la santé, faire respecter le droit international humanitaire et garantir que des soins vitaux atteignent les populations dans les zones où peu d’organisations peuvent intervenir ».
Aujourd’hui, l’OMS coordonne plus de 1 500 partenaires dans 24 situations de crise à travers le monde. Son action vise à maintenir les établissements de santé opérationnels, acheminer des fournitures d’urgence, prévenir les flambées épidémiques et garantir l’accès aux soins maternels, infantiles et reproductifs pour les populations les plus exposées.
Elom LOKONON
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