Le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale ont officiellement lancé, vendredi 17 juillet 2026 à Cotonou, leur nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) 2026-2036, une feuille de route décennale destinée à soutenir la transformation économique du pays, renforcer sa résilience et accélérer la création d’emplois. Alignée sur la Vision Alafia 2060, cette stratégie marque un changement d’échelle dans la coopération entre les deux partenaires en privilégiant les investissements à fort impact économique.
Le nouveau cadre repose sur trois axes majeurs, à savoir : le renforcement du capital humain à travers la nutrition, l’éducation et la formation professionnelle, le développement des infrastructures stratégiques – énergie, transports, numérique et infrastructures résilientes au climat – ainsi que la promotion d’une croissance portée par le secteur privé afin de stimuler l’investissement, la productivité et l’inclusion économique.

« Le lancement de ce nouveau Cadre de partenariat pays marque une étape importante dans la mise en œuvre de notre vision de développement. À travers des investissements structurants dans la nutrition, l’énergie, la résilience et l’emploi, ce partenariat contribuera à soutenir une croissance durable et créatrice d’opportunités », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou.
Pour le ministre délégué chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Hugues Oscar Lokossou, ce partenariat traduit « l’ambition d’une vision commune entre le Bénin et le Groupe de la Banque mondiale pour une économie plus résiliente, plus compétitive et plus inclusive ».

Le lancement du CPF a été accompagné de la signature de deux accords de financement totalisant 320 millions de dollars, destinés à concrétiser les premières priorités de cette nouvelle stratégie.
Le premier financement, d’un montant de 170 millions de dollars, concerne le programme Alafia 1 « Nourrir le Bénin pour l’avenir », financé à hauteur de 150 millions de dollars par l’Association internationale de développement (IDA) et de 20 millions de dollars par le Fonds mondial de financement (GFF). Ce programme vise à renforcer le capital humain en améliorant l’accès aux services intégrés de nutrition, de santé et de développement de l’enfant, avec un accent particulier sur les femmes, les nouveau-nés, les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes.
Le second accord porte sur la première phase du barrage hydroélectrique multifonctions de Dogo-Bis, financée à hauteur de 150 millions de dollars dans le cadre d’un programme global de 580 millions de dollars. Doté d’une capacité de 128 MW, ce projet stratégique doit renforcer la sécurité énergétique du pays tout en irriguant 17 500 hectares de terres agricoles, en réduisant les risques d’inondation et en restaurant 14 000 hectares de forêt, avec des retombées attendues sur la productivité agricole et l’activité économique.

Pour Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale, l’investissement dans le capital humain constitue un levier déterminant de compétitivité. Elle a également souligné que des initiatives telles que Mission 300, Agriconnect, PRIME GAS et le barrage de Dogo-Bis doivent permettre d’élargir l’accès à l’énergie, de renforcer la sécurité hydrique, de soutenir la productivité agricole et d’améliorer la résilience du Bénin face aux chocs climatiques.
À travers ce partenariat de long terme, le Bénin cherche à transformer la vigueur de sa croissance économique en investissements productifs, en emplois durables et en une participation accrue du secteur privé, tout en consolidant les infrastructures indispensables à son ambition de devenir l’une des économies les plus compétitives d’Afrique de l’Ouest.

Félicienne HOUESSOU
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